mercredi 16 octobre 2013

Bébé, une belle histoire de naissance


Bébé est confortablement installé dans le ventre de sa maman. Elle vit une grossesse heureuse, partageant avec lui ses petits bonheurs : Bébé se régale de la brioche aux raisins qu'elle savoure, se pâme devant les images colorées qu'elle dessine, hume les fleurs des bois qu'elle ramasse. Pourtant,    à l'occasion de l'un de ces dialogues intérieurs avec Maman sur les merveilles du monde qui l'attendent à l'extérieur, Bébé décrète un jour qu’il ne veut pas sortir. Déconcertés, tous les membres de la famille y vont alors de leur solution pour décider Bébé à naître : « je te donnerai une pièce de 1 Franc » dit Petit frère, « si tu sors, je te ferai un merveilleux gâteau au chocolat » prévient Grand-mère, « une promenade en voiture » propose Grand-Père ! Rien n’y fait jusqu’au retour de Papa… Je vous laisse découvrir par quelle magie Bébé se décide à quitter le cocon maternel pour se lancer dans le monde.

Cette histoire publiée pour la première fois à New York en 1972 est adaptée pour la publication française en 1976 par Ana Solal avec la collaboration de Frédéric LEBOYER, père du mouvement pour l’accouchement sans violence. Nous avons découvert ce petit livre lors de notre 1ère visite à Béatrice, notre haptonome. A chaque visite, à chacune des grossesses, de la rue des Roses au boulevard de la Chapelle, nous avons retrouvé ce petit livre, si tendre et réconfortant. L’histoire illustre à merveille le dialogue qui s’installe dès la grossesse entre le bébé et ceux qui l'entourent, et donne symboliquement toute sa place au papa dans l’accueil du bébé.


C’est l’un des trésors de notre bibliothèque (celle des grands !), témoin de la façon dont nous avons accueilli chacun des enfants. Puisse cette belle histoire croiser la route de futurs parents.


Editeur : L’école des loisirs, 1976

Public : dès 3 ans


Ce qu’on aime :
L’histoire pleine de tendresse, la finesse de l’illustration faite de dessins à l’encre noire au charme désuet. Le caractère très expressif du Bébé, un peu cabochard, représenté dans des positions insolites dans le ventre de la maman. Il apporte la petite touche d'humour à l'album.


Je participe :


mercredi 9 octobre 2013

Les 3 petits cochons de Kimiko

Pour goûter le plaisir des contes détournés qui font de grands succès en littérature jeunesse, il faut connaitre ses classiques. Donc avant de parler du loup, et de toutes les misères dont il sera victime ça et là dans les livres, parlons des 3 petits cochons.

Les 3 petits cochons font l'objet de nombreuses éditions encore aujourd'hui, sans compter les anciennes. Difficile de faire son choix devant une telle abondance. Les albums du Père Castor sont une valeur sûre, classique et indémodable. Mais nous avons dans notre bibliothèque une édition alternative, offerte il y a plusieurs années par notre amie Gaëlle : l'édition de Kimiko. C'est une version pop-up (ou livre-théâtre) qui a traversé les années comme par magie avec un succès constant auprès des enfants.

L'impact de ce conte sur nos petits m'étonne encore. Difficile de décoder le succès d'une histoire qui fait à ce point partie de notre inconscient collectif. 

Le livre de Kimiko nous offre une version simplifiée de l'histoire, il n'y est question que de maisons, pas de pommes ni de navets. C'est efficace, coloré, le pop up séduisant par ses effets de perspective et ça suffit à nous faire comprendre que le loup est tenace mais pas le plus malin. Pour peu que vous rajoutiez quelques effets et bruitages dans la lecture, le succès est garanti !

Existe aussi en version "Petit Chaperon rouge" et d'autres classiques encore.


Auteur : Kimiko

Editeur : L'Ecole des Loisirs, 2001

Public : 2-5 ans


On aime : le livre-théâtre, l'illustration aux traits simples et colorés, le loup dans la marmite, une édition qui permet d'initier les tout petits.

Si vous aimez l'histoire des 3 petits cochons, lire aussi :

Les trois petites cochonnes, Frédéric Stehr, L'Ecole des Loisirs, 1997













La vérité sur l'affaire des trois petits cochons, de J. Scieszka, Nathan 1991.













samedi 5 octobre 2013

Hulul et compagnie


Dans la série des livres de contes, voici un recueil de 30 contes illustrés que nous retrouvons avec plaisir lors de nos vacances dans le Sud-ouest. Je ne me rappelle pas bien l'année de son arrivée dans la bibliothèque de ma maman, son charme à opéré discrètement. Ce livre rassemble une partie de l'œuvre d'un célèbre auteur illustrateur américain du XXe aujourd'hui décédé, Arnold Lobel. On y découvre une galerie de personnages inventés par l'auteur, souvent incarnés par des animaux auxquels arrivent des histoires sensibles et insolites, des histoires qui subliment le quotidien avec naïveté et délicatesse.

Il y a Porculus, le cochonnet qui n'aime rien tant se fondre dans la boue douce et se retrouve coulé dans le goudron du trottoir. Il y a cette portion de vie avec l'Oncle éléphant, qui recueille son neveu après la disparition subite de ses parents et lui fait partager son regard poétique sur le monde. Il y a Hulul, un hibou solitaire qui invite l'Hiver à se réchauffer dans sa maison, s'effraie de voir ses pieds sous sa couette, et se prépare un "thé aux larmes". 

Mes préférés sont Bufolet et Ranelot, respectivement, crapaud et jeune grenouille, amis inséparables, partageant le meilleur de leur quotidien au gré des saisons. Il faut voir Ranelot sortant de la mare avec sa combinaison de bain rayé, affrontant fièrement les moqueries de ses amis, Ranelot encore transformé en monstre, terrorisant les mêmes amis de la foret pour avoir essayé de rapporter à Bufolet une glace au chocolat par une trop chaude journée d'été. Entre ces deux là, ce n'est que gentillesse, confiance et tendre taquinerie. 

L'illustration sert magnifiquement cette ambiance délicatement surannée. Les planches dessinées à l'encre noire ne sont que légèrement colorées, parfois même très sombres. Elles accompagnent l'histoire par des tableaux ou des mises en situation qui peuvent être cocasses, parfois drôles mais aussi très émouvantes. 
Les enfants sont sensibles à cet univers poétique et hors du temps. C'est en définitive un beau livre d'auteur qui traverse les années et les générations, à intégrer dans sa bibliothèque ou celle de ses amis. 


Auteur : Arnold Lobel

Editeur : Anthologie publiée en 2001 par L'école des loisirs, en collaboration avec HarperCollins, New York.Les histoires sont parues aux Etats-Unis chez HarperColllins dans les années 70's. Elles ont été traduites en français, et éditées pour la première fois par L'école des loisirs dans les années qui ont suivie.

Public : 3-9 ans


A découvrir aussi :


Editions Circonflexe, 2009




Je participe :

samedi 21 septembre 2013

Les Inventions complètement inventées

Dans la famille, on appelle cela les crocodiles. Ils se savourent de préférence au dîner et le plus souvent un jour de semaine. Version décalée d'une conversation familiale du soir, le crocodile commence toujours ainsi : "aujourd’hui, j'ai vu...", la suite est librement inventée par son auteur et la parole tourne à bon rythme dans une ambiance pleine d'émulation. Je me lance :
- "aujourd'hui, j'ai vu un colibri qui mangeait des salsifis". On s'échauffe.
Le Grand :
- " aujourd'hui, j'ai vu une artichaut qui dansait le tango". Pas mal.
Notre Belle :
-"Aujourd'hui, j'ai vu des boules Quies qui allaient à la messe". C'est bien la soeur de son frère !
Le Benjamin :
- " aujourd"hui, j'ai vu un léopard qui faisait caca". Bon, il ne maîtrise pas encore le niv 2 du crocodile, le crocodile à rime, mais possède un style efficace pour faire rire la tablée.

Je ne sais plus comment ni quand sont nés les crocodiles, je me souviens qu'ils sont arrivés avec notre Grand et que toute la fratrie y a été initiée le moment et la parole venues. C'est pareil pour les Inventions complètement inventées : je ne me rappelle plus si elles sont arrivées via Bruno, le maître préféré de notre Grand ou via Gaëlle, sa marraine ou les deux, mais elles font écho à nos crocodiles, dans une catégorie tout de même bien supérieure.
Les Inventions complètement inventées est le titre d'un petit livre sur l'origine des choses à mettre entre les mains des écoliers de la grande école. Puisant dans les logiques enfantines que nous jugeons parfois irrationnelles, elles décrivent le monde de façon fantaisiste en partant des objets et préoccupations de leur quotidien.

Mélange subtil d'imaginaire et d'absurde, ces inventions sont drôlement savoureuses. Je vous en livre quelques-unes qui j'espère vous mettront l'eau à la bouche :
-"les sorcières ont été inventées avec un balai car les aspirateurs ont un fil beaucoup trop court pour pouvoir aller vraiment haut dans le ciel".
-"les châteaux de sable ont été inventés de la taille d'un seau de plage ce qui mine de rien est une sacrée chance".
Ces inventions sont parfois teintées de poésie...
-"les secrets ont été inventés tout ronds et tout petits pour pouvoir tenir dans le creux de l'oreille"...et parfois pas : 
-" les gros mots ont été inventés en deux catégories : les gros mots un peu interdits comme zut et les gros mots vraiment interdits comme tas de merde". Les enfants adorent !

Bien sur, les inventions sont illustrées, assez simplement mais d'un trait affirmé et franchement colorées. Quant au format, petit et carré, il fait de ce livre un objet qui peut facilement devenir familier en se glissant dans une poche, un cartable ou finir au bord de la table de nuit.
Une dernière en clin d'œil  : "les tâches ont été inventées pour aider les mamans à reconnaître les chemises propres des chemises sales ".


On aime : le coté interactif du livre, on peut inventer ses propres inventions après s'être imprégné d'une première lecture. La fantaisie et l'humour des inventions. Le petit format adapté à son contenu qui en fait un livre facile à trimbaler.


Auteurs : Pierre-Dominique Burgaud / Laure Solus Babinet

Éditeur : Gautier Languereau, 2007

Public : 8-12 ans

jeudi 12 septembre 2013

999 têtards


Maintenant que les 999 têtards sont devenus de petites grenouilles, leurs parents sont très fiers. Il y a pourtant un petit problème : plus moyen de respirer ni de bouger dans la marre. Pas d'autre solution que de déménager. La famille se met en route pour une nouvelle maison, plus spacieuse, qui pourra accueillir cette joyeuse et volumineuse fratrie. Mais hors de la marre, les dangers guettent... Commence alors une aventure très rythmée, avec son lot de découvertes, de frayeurs, de rebondissements, et sa chute... dans l'eau.

Il y a de la douceur et de la délicatesse dans cet album. La bravoure et l'amour dont font preuve papa et maman grenouille rassurent. L'insouciance et l'excitation des petites grenouilles apportent gaieté et situations insolites.

L'illustration en pleine page tire son charme de la répétition de petits motifs aux contours simples (des ronds, des points et des petits traits), et d'une utilisation limitée de la couleur : une belle harmonie de verts, un peu de jaune et de bleu.

Bonne nouvelle, la saga de la famille Grenouille se poursuit avec de nouveaux albums.

Auteurs : KEN KIMURA et YASUNARI MURAKAMI

Editeur : Autrement Jeunesse, 2005

Public : 4-6 ans

On aime : la délicatesse de l'illustration, le "pattern" grenouille, les déclinaisons de verts, les jeux de contraste entre l'inquiétude des parents grenouille et l'insouciance des enfants, l’équilibre rassurant du couple papa et maman grenouille face à cette nombreuse fratrie.



mercredi 21 août 2013

Vintage, la chenille qui fait des trous !




C'est l'histoire d'une chenille, fraîchement sortie de son oeuf, qui a très faim. Elle s'engage alors dans une semaine gastronomique qui l'emmène à manger des pommes le lundi, des poires le mardi, des prunes le mercredi, des fraises le jeudi, etc... Et la chenille de faire des petits trous dans le fruit et dans la page (scruntch), un de plus chaque jour. Elle parait bien vertueuse cette chenille à ne manger que des fruits. Mais le samedi, patatras ! La voilà qui perd la tête, trop gourmande elle se révèle, et se met à attaquer glaces, fromages et cornichons ! Comment cela va t'il finir ?


A l'heure du rigorisme alimentaire, cette histoire d'Eric Carle (autre grand auteur illustrateur américain) publiée pour la première fois en 1969 garde toute sa modernité. Livre à compter, imagier, livre à jouer, "La chenille qui fait des trous" est à elle seule riche en usages. Teinté d'une légère ironie, le livre est construit autour d'une petite intrigue dévoilant l'une des belles aventures offertes par la nature. Quant à l'illustration d'Eric Carle, composée de collages de papiers peints à la main, elle garde toute sa gaieté et son originalité.

La chenille qui fait des trous a été diffusée à plus de 33 millions d'exemplaires et traduite dans 50 langues. Le livre a suscité de nombreuses activités (ré)créatives, et la chenille star un certain mercantilisme. Mais ce qui pour moi fait définitivement la valeur de ce livre, c'est le plaisir d'en partager la lecture avec mes enfants après l'avoir découverte toute petite. Réédité dans différents formats, c'est un joli cadeau vintage à (s')offrir.


Auteur : Eric Carle


Public : 2-4 ans




On aime : les différents usages que permet la lecture du livre, le coté ludique et répétitif des petits trous qui accrochent le jeune lecteur, l'illustration colorée à base de peintures et collages, l'édition en pages cartonnées, le coté vintage !


jeudi 15 août 2013

Mon recueil de Belles Histoires


En cette période de vacances, j'aimerais rendre hommage à une maison d'édition qui m'a connue toute petite et qui a sûrement contribué beaucoup à construire ma relation particulière aux livres jeunesse. Dans cette maison, on s'abonne, dans le désordre à Pomme d'Api, Astrapi, Phosphore ou Okapi. Le papa aussi est passé par cette maison là. Il garde comme un talisman son passage dans le courrier des lecteurs d'Astrapi sur le thème "vivre ailleurs". 

Cette maison, c'est Bayard Presse, qui édite toujours ces titres historiques de qualité dont les héros nous accompagnent aujourd'hui encore avec le même succès auprès des enfants (message à venir sur Tom Tom et Nana). 
Parmi ces titres, il en est un qui est à mi-chemin entre le livre et le magazine. Il s'agit des Belles Histoires. De périodicité mensuelle, cette série s'enrichissait il y a encore quelques années avant l'été d'un recueil hors série d'une trentaine de Belles Histoires. Edité sur papier recyclé pas très beau mais surtout pas trop lourd, c'est un livre idéal à mettre dans les valises pour les histoires du soir en vacances. Car pas de vacances pour la lecture ! 

Ce n'est pas si évident de trouver des recueils d'histoires de qualité et pratiques à transporter. J'en ai encore fait l'expérience avant de partir cet été, auprès de notre librairie jeunesse de quartier : elle n'avait rien d'autre que le très beau recueil d'histoires de Gallimard Jeunesse "Le Trésor de l'Enfance", certes à mettre dans sa bibliothèque, mais bien trop encombrant pour qui ne voyage pas en voiture. 

Pour revenir aux Belles Histoires, l'album rassemble une trentaines d'histoires variées, classées par genre : histoires du quotidien, contes d'ailleurs, contes merveilleux, aventures dont les héros sont des animaux. La revue cible les 4-8 ans, mais on peut aisément embarquer les plus petits dans une lecture collective. Outre la variété des histoires qui donne le choix aux enfants (et au narrateur), les histoires sont de qualité assez égale et leur durée est parfaitement calibrée : pas plus de 5 minutes. 

Nous avons 2 recueils, que nous trimbalons depuis plusieurs années sur différents lieux de villégiature. Après vérification, je crains que Bayard ne les édite plus, mais on peut encore en trouver quelques-uns d'occasion (pour rien du tout) sur les grands sites marchands, ou jeter un œil averti dans les vides greniers et kermesses d'écoles. 

Editeur : Bayard Jeunesse / Les Belles Histoires

Public : 3-8 ans

On aime : le coté pratique du recueil d'histoires, le coté léger du magazine, le coté sérieux de l'éditeur !