jeudi 4 février 2016

Une soupe de diamants - Norma Huidobro

Quelque temps après le mystère du majordome, les filles et moi avons lu une soupe de diamants, de la même Norma Huidobro. Ce livre utilise le même genre d'ingrédients que le précédent : une adolescente délurée à dreadlocks, l'Argentine contemporaine et fauchée, un meurtre et un goût pour la cuisine de qualité faite maison.
Les personnages sont très bien campés, l'histoire est pleine de suspense, j'écoute maintenant du tango à la maison. Bref, c'est bien, vous pouvez lire celui-ci aussi.

Billet déjà publié au bout de la corde.

mardi 2 février 2016

Le mystère du majordome - Norma Huidobro

Voici une de mes dernières découvertes de lectures avec Rosa et Marguerite.

Tomàs a douze ans, il est marrant, gourmand, un peu agité et sympathique. Pour pouvoir organiser sans l'avoir dans les jambes le mariage de sa tante, la famille l'envoie passer quelques jours de vacances au palais... Le palais : la grande maison où sa grand-mère travaille comme gouvernante. Tomàs va profiter à fond des talents culinaires de la cuisinière de la maison, de la compagnie du chien et de la piscine. Surtout, il va poser au personnel (les patrons sont en Europe), tout à fait naïvement, des questions un peu gênantes: qu'est devenu le majordome qui était là l'année dernière ? Qui mange, la nuit, les parts de gâteau laissée dans le placard ? Pourquoi n'a-t-il pas le droit d'entrer dans le hangar ?

L'histoire se passe en Argentine, dans les années 2000. Les personnages sont vivants, réalistes, ancrés socialement. Et l'ancien propriétaire du palais est mort assassiné, voici deux ans, et l'assassin est en fuite. Les vacances tournent au mystère, des ombres passent dans le parc, des bruits étranges résonnent dans les canalisations...

Norma Huidobro, traduite et publiée par l'école des loisirs, a ficelé un bien joli roman policier pour enfants, souvent drôle, parfois effrayant, sans aucune gaminerie ni facilité. Nous avons tous les trois adoré.

Billet déjà publié sur Au bout de la corde.

vendredi 22 janvier 2016

Histoire du prince Pipo - Pierre Gripari

De Pierre Gripari, je connaissais surtout (et comme tout le monde j'imagine), les classiques contes de la rue Broca, redécouverts récemment avec Rosa et Marguerite dans leur version audio (lus par Gripari lui-même, c'est un délice).

La bibliothèque nous a proposé cette Histoire du prince Pipo, de Pipo le cheval et de la princesse Popi, dont le titre est tellement bête que, n'aurait-il été écrit par Gripari, je l'aurais laissé de côté. Ce relativement petit livre est un conte, la couleur est clairement annoncée, commençant par un conte hors du conte nous expliquant la vertu des contes (chapitre 1). Puis on aura droit à l'histoire de l'histoire qui voulait qu'on la raconte (chapitre 2) qui sera bien sûr l'histoire qu'on va lire ensuite (vous suivez ?), puis arrivera, enfin, l'histoire du prince Pipo, dans laquelle on trouvera les personnages du titre et bien d'autres choses amusantes (dont des contes).

Sorte de méta-conte à la dimension d'un petit roman, l'histoire du prince Pipo est un livre charmant, écrit dans une langue faussement simple et toujours juste. Une histoire d'apprentissage, pleine de liens à la fois absurdes et logiques, qui m'a fait penser, en plus court, à l'histoire sans fin de Michael Ende, ou au merveilleux Mio mon Mio, d'Astrid Lindgren. L'histoire abonde en surprises, charmantes ou cruelles, et je terminerai en laissant un avertissement aux parents : ne lisez pas le chapitre "Le nain et la sorcière" à vos enfants juste avant qu'ils s'endorment. Il s'y passe quelque chose de terrifiant, qui ne sera résolu par le rire que trois ou quatre chapitres plus tard. Je vous rassure, le récit se termine bien, si on considère que c'est une chose heureuse que les enfants grandissent.




samedi 9 janvier 2016

Matty et le cadeau fantastique


Nous traversons en ce moment une intense période de création familiale, sublimée par la densité des fêtes d'anniversaires. Notre Benjamin est entré l'an passé dans cette phase de dessin prolifique que nous avons connue au même âge avec chaque enfant. Il a été séduit par l'écho de cet album de Valeri Gorbachev que nous avons lu, relu et rerelu.

Matty est le benjamin d'une fratrie de cinq petits lapins. Ils préparent l'anniversaire de leur maman à coup de dessins. Mais alors que ses frères et sœurs s'activent au bout de leurs crayons, Matty n'en finit pas de réfléchir. Il voudrait dessiner "quelque chose de vraiment...fantastique". Et lorsque maman lapin découvre les dessins cadeaux de toute la fratrie, Matty manque à l'appel. Car son dessin est "tellement extraordinaire" que cela lui a pris beaucoup de temps de le faire... A partir de ce moment là, Valeri Gorbachev nous embarque dans une histoire fantastique, qui rebondit d'images en images au rythme de l'imagination gaie et fantasque du petit lapin.

J'aime beaucoup cette histoire, car au delà de sa douceur et sa gaieté, elle met en images les histoires extraordinaires que les petits racontent autour de leurs dessins, là où nous adultes ne voyons que des formes colorées. 


Auteur : Valeri Gorbachev

Editeur : Editions Nord-Sud, 2000 pour l'édition française (Nicky and the fantastic birthday gift, North-South, 2000, pour l'édition originale).

Public : dès 3 ans

On aime : l'illustration assez classique voire un peu surannée, mêlée de douceur et de gaieté ; le caractère du jeune héros, indépendant, affectueux et fantasque ; un livre sur la richesse du dessin d'enfant comme moyen d'expression et d'évasion.


Un cadeau pas comme les autres

Voici un album qui a fait pleurer notre Benjamin ! En même temps, j'ai réalisé après coup que Samy, le héros de cette jolie histoire ressemblait incroyablement à son doudou... 



"Un cadeau pas comme les autres" est la suite d'un premier album également très réussi qui raconte l'amitié d"un petit garçon, Henry et de Samy, canard solitaire en quête d'un ami, devenu ainsi canard de compagnie. Ils se sont rencontrés par voie de petites annonces après que ce canard sensible et inventif ait un peu forcé son destin. 





Un cadeau pas comme les autres raconte la première mise à l'épreuve de leur amitié, l'arrivée d'un nouveau compagnon dans la vie d'Henri, le sentiment de désamour et la jalousie qui s'emparent alors de notre canard blanc. Son coté romanesque est très touchant. L'album, construit comme une épopée, nous embarque jusqu'à une fin heureuse.

Ce sont deux albums très réussis qu'a réalisé Fiona Roberton cette auteur anglaise, après un début de carrière comme designer. L'illustration au trait noir ponctuellement colorée rappelle l’illustration de presse, vive et inventive. On se régale de petits détails pleins d'humour.

Il est bien sûr recommandé de les lire dans l'ordre.

Auteur : Fiona Roberton

Album : Circonflexe 2012, (The perfect Present 20111, Pinguin Group)

Public : dès 5 ans. 

On aime : l'illustration au trait noir fin, le bec de Samy dessiné en pointillé comme s'il était à découper, le caractère romanesque du canard, la tendresse qui enrobe l'histoire.

mercredi 6 janvier 2016

Matilda - Roald Dahl

Matilda est une toute petite fille très intelligente, vive et sage. Dès l'âge de trois ans, elle sait parfaitement lire et, comme sa maman la laisse toute seule à la maison tous les après-midi "pour aller jouer au loto", elle se rend à la bibliothèque pour se procurer des livres. Car les parents de Matilda sont des beaufs épouvantables, la classe moyenne anglaise la plus crasse abrutie de télé et réussite sociale petite bourgeoise, qui considèrent leur fille comme une moins que rien et ignorent tout de ses remarquables capacités... On va suivre la petite fille dans sa lutte contre son terrifiant crétin de père, puis, dans une deuxième partie, contre la monstrueuse directrice de l'école, Mlle Legourdin...
Matilda est un pur roman de Roald Dahl, narrant le combat d'une enfant presque surnaturelle contre des adultes monstrueux et cruels. C'est tendre, violent, caustique, et drôle, bien sûr. Les merveilleux dessins de Quentin Blake savent aussi bien tracer la caricature des monstres que rendre la douceur de Matilda ou de la gentille Mlle Candy.
Un classique, à raison.


jeudi 5 mars 2015

J'aime lire - chronique de trois numéros récents

La bibliothèque publique voisine nous a fourni un tombereau de petits fascicules rouges qui font le bonheur de nos jeunes lectrices: je veux parler du magazine j'aime lire, des éditions Bayard. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, ce magazine propose chaque mois un petit roman en cinq à sept courts chapitres, suivi de jeux et d'une ou deux petites BDs.
Les romans sont écrits par des auteurs spécialisés dans le genre, et sont toujours d'un niveau au moins moyen, très souvent bon et parfois excellent. On pourra féliciter les éditeurs pour leur exigence en matière de niveau de langue et de qualité d'écriture, ainsi que pour leur ouverture d'esprit quant aux thèmes abordés dans les récits.
Je vais ici mentionner trois "petits romans" qui m'ont particulièrement plu/intéressé.


Meutre dans l'aquarium (Olive Bellerose, J'aime lire n°422, mars 2012) : ce récit prend une trame assez classique des J'aime lire, l'enquête scolaire. Ce lundi matin, un poisson de l'aquarium de la classe est retrouvé mort... Et le mardi suivant, un second... Là, le lecteur adulte tique: c'est une histoire de serial killer ! Ce qui fait tout le charme de ce petit roman, c'est que le meilleur copain du narrateur enquêteur est doué d'un pouvoir fantastique, celui - quand il est stressé - d'entendre les pensées, mais sans savoir "qui" pense . Et le roman, réaliste en tous points par ailleurs, traite ce "détail" comme une évidence, une forme de réalisme magique qui n'est jamais interrogée, et fait tout le charme de cette petite enquête.


Aki a des soucis (Marie Vaudescal, J'aime lire n°381, octobre 2008) : Aki, une jeune japonaise, est obligée de vivre quelques mois à la campagne, parce que sa maman est enceinte et a besoin de beaucoup de repos. Sur une trame de base qui pourrait rappeler le voisin Totoro, on a là un récit curieux, vu du point de vue d'Aki qui est une petite personne tout à fait désagréable et odieuse,  rendue méchante envers son entourage par les sentiments qui la rongent. Ce roman ose raconter une forme de (petite) dépression enfantine, une vie vue entièrement en noir pour des raisons que le protagoniste ne parvient pas à s'expliquer, le tout étant traité avec humour et délicatesse, accompagné des belles couleurs automnales des illustrations. Un parti-pris audacieux et très réussi.

L'incroyable sauvetage (Roger Judenne, J'aime lire n°434, mars 2013) : ici, l'histoire scolaire relève de l'anecdote presque triviale. Une petite fille à la pause de midi veut montrer sa perruche à des camarades plus ou moins sympathiques. L'un d'eux fait peur à l'animal, qui va se percher sur une des machines du chantier voisin... et les gosses essaient tant bien que mal de la rattraper. Mais là où le récit devient très amusant, c'est dans sa façon: le point de vue change à chaque chapitre, ce qui donne une dimension très excitante au récit, le suspense narratif (le mystérieux garçon monté sur la grue va-t-il tomber ?) s'ajoutant au suspense littéraire (qui raconte le prochain chapitre ?)

J'avais de bons souvenirs d'enfants des J'aime lire. Je très suis heureusement surpris de la qualité constante de leurs publications. Reste à leur proposer une histoire discrètement lovecraftienne...